La plage de Pampelonne

Pampelonne, à l’image de Ramatuelle

L’histoire de la plage de Pampelonne est née d’une longue étreinte du granite des Maures avec le flux de la Méditerranée, il y a de cela des milliers d’années. Puis l’humain y posa le pied. Et Pampelonne devint l’une des plages les plus célèbres de notre planète. Célèbre, mais toujours étonnante.

A partir de 1927, les premiers lotissements gagnèrent du terrain sur les collines alentours. Après les brutalités de la seconde guerre mondiale, l’empreinte du tourisme s’affirma plus encore, avec de nouveau des lotissements, et l’apparition des campings commerciaux.
A partir des années 1950, les pionniers de l’exploitation des bains de mer plantèrent leurs cabanes sur la plage, au fil d’autorisations précaires renouvelées par l’Etat tous les ans. Peu à peu, ces hardis « Robinsons » inventèrent à Pampelonne une scène magnifique, foulée par des pléiades d’artistes, qui devint le décor de multiples longs métrages et l’insolite écrin de fabuleuses expositions de sculptures.

A ce moment, si la plage de Pampelonne avait été abandonnée au libre fonctionnement des lois du marché, elle serait morte sous le béton, le bitume et le déferlement de la circulation automobile.

Cependant, les municipalités de Ramatuelle ne l’ont pas entendu ainsi. Au contraire, Ramatuelle a voulu que la plage de Pampelonne demeure à son image.

Dès que l’Etat lui a confié la première concession de la plage, entre 1974 et 1989, la commune a lourdement investi pour canaliser la circulation automobile, créer de vastes parcs de stationnement – essentiellement en terre battue -, des voies d’accès perpendiculaires au rivage, des réseaux d’eau potable, de téléphone, d’électricité, et d’égout pour accueillir parfois sur la plage plus de 30 000 personnes les jours d’été. Dans le même temps, mettant en place un règlement d’urbanisme approprié, la commune de Ramatuelle a protégé dans l’arrière-plage les espaces restés agricoles. Et de fait, en ce début du vingt et unième siècle, l’on arrive sur la plage de Pampelonne en traversant le plus beau vignoble de la Côte d’Azur. La plage elle-même, sur près de cinq kilomètres, déroule le charme de son sable fin, iodé, libre de tout boulevard du front de mer, loin, si loin des bruits, de la fureur et de l’uniformité « modernes ». Des troupeaux de moutons parcourent en saison fraîche la plage, les prairies et les dédalles de cannes de Provence qui l’environnent. Les dunes abritent encore des plantes qui, pour certaines, n’existent plus en France qu’à Pampelonne, telles la scrophulaire ou la malcomie rameuses, le myosotis ou l’épiaire des dunes. Les feuilles de posidonies ont encore leurs droits sur ce rivage.

Cependant, la fréquentation humaine, massive, déstabilise un site fragile. Certains visiteurs – sans doute inconscients des dégâts qu’ils font – enfreignent même la loi et vont jusqu’à sillonner la plage ou les dunes de leurs voitures, « quads » et motos tous-terrains.
Avec tous les amis de Pampelonne – dont les exploitants de plage, en étroite concertation avec les associations de protection de l’environnement, la commune a donc entrepris en 2001 l’élaboration d’un schéma d’aménagement d’ensemble de la plage et de l’arrière-plage. Ce schéma aura pour objectifs de conforter l’agriculture, reconquérir les friches, encadrer la reconstruction de bâtiments de plage en matériaux naturels, végétaliser les parcs de stationnement, cantonner les véhicules à moteur en dehors de la plage, et tout mettre en œuvre pour reconstituer et protéger le milieu dunaire.

En somme, il s’agit aujourd’hui de sauvegarder ce charme qui fait la renommée de Ramatuelle et de sa plage de Pampelonne : une étonnante harmonie entre nature et culture. Pour que, des milliers d’années encore, se poursuive cette longue étreinte du granit des Maures avec le flux de la Méditerranée. C’est une histoire d’amour …