L’inauguration de l’éco-hameau des Combes-Jauffret en vidéo avec TV Azur

Samedi 16 juin à 11h30, accompagnée de deux musiciens, une délégation d’enfants a apporté les ciseaux au maire Roland Bruno qui a coupé le ruban tendu à l’entrée de l’éco-hameau des Combes-Jauffret, inaugurant ainsi le lieu enfin habité. Il était accompagné du sous-préfet du Var, Philippe Portal, du député européen, José Bové, du conseiller régional, Claude Alemagna, de la conseillère départementale, Muriel Lecca-Berger et des représentants des opérateurs, Jean-Pierre Sautarel pour Immobilière Méditerranée et Christophe Houdebine, pour Urban Coop. Après le temps de la visite et le temps des discours sur la place principale, un buffet était offert à tous, habitants du lieu, invités venus nombreux, personnalités. « L’histoire du hameau n’est pas finie, ce sont les habitants qui vont continuer à l’écrire » a dit le maire pour conclure avant de souhaiter longue vie au projet qui a reçu le certificat Bâtiment Durable Méditerranéen niveau Or au stade réalisation, après l’avoir reçu en 2013 au stade conception.

 

Et en bonus…


Extrait du discours de M. le Maire

Inauguration éco-hameau des Combes-Jauffret
Discours de Roland Bruno, maire de Ramatuelle,

   samedi 16 juin 2018

(…)

Je vous remercie d’avoir répondu à notre invitation et je suis très heureux  de vous accueillir sur le site de notre éco-hameau des Combes-Jauffret enfin habité !

L’expérience a montré que pour mener à bien un projet d’aménagement il faut du temps : un temps pour la concertation, un temps pour la conception, un temps pour la réalisation… et aussi un temps pour les complications !

Je vais résumer l’histoire en quelques mots….

Avant 1979, il avait fallu 18 ans d’efforts pour parvenir à la livraison des logements du quartier de la Roche des Fées : le Ministère de la culture s’opposait à l’extension du village.

L’Etat considérait qu’il fallait préserver à tout prix l’aspect pittoresque du village perché.

18 ans d’argumentations pour démontrer que la vue ne serait pas abîmée grâce à l’écart qui existe entre le village et le quartier de la Roche des Fées. 18 ans pour arriver à réaliser 102 logements solides et efficaces, en accession à la propriété : une opération qui avait inversé une courbe démographique jusqu’alors en déclin.

Dix ans plus tard, en 1989, naissaient au-dessus de l’école,  les 44 logements des Roques du Castellas,  également en accession à la propriété et les 20 logements locatifs du Vallon des Sources. Cette opération avait été inaugurée par Albert Raphaël et Louis Besson, alors Ministre en charge du logement.

La dynamique démographique en avait été confortée.

Puis il n’y a plus eu d’opérations pendant 20 ans,  avec pour effet, le retour du déclin démographique, la fermeture d’une première classe à l’école, les difficultés à recruter pour les entreprises, et pour les salariés, les trajets domicile-travail allongés.

Néanmoins, dans le même temps, le patrimoine de la commune s’est enrichi  de   logements anciens,  achetés, restaurés et remis en location pour les actifs.

Aussi dès notre premier programme électoral en 2001,  nous avions annoncé tout à la fois la protection de l’environnement et la création de nouveaux logements pour actifs,  à un prix abordable.

Nous savions que le sujet était très difficile et   la difficulté n’a fait que s’aggraver au fil du temps, avec le renforcement des normes sur la protection du paysage et la biodiversité.

Parallèlement à ce projet, aux abords du village, nous avons trouvé la possibilité d’insérer un petit ensemble résidentiel de 12 logements destinés aux personnes retraitées ou à mobilité réduite.  Entamés en 2009 les travaux de réalisation du Hameau du Baou ont été menés à bien en un an et demi. Réalisé  en haute qualité environnementale, l’ensemble chauffé au bois s’intègre  parfaitement au paysage dans la continuité du lotissement existant.

Mais venons-en aux Combes-Jauffret.

Dans le plan d’occupation des sols de 1987, il y avait, ici-même, une zone beaucoup plus vaste d’urbanisation future, dédiée à une opération touristique. Le choix de cet emplacement de 19 ha nous est apparu pertinent pour une bonne intégration dans le paysage.

Ce qui a été, depuis, confirmé par une série d’experts prenant en compte la biodiversité et aussi la possibilité de réaliser un habitat bioclimatique et une desserte piétonne depuis le village.

Mais une telle démarche volontariste, qui tient compte de la géographie du territoire, ne coïncide pas forcément avec les projets des propriétaires de terrains et,  encore moins sur la Côte d’Azur où la spéculation peut rapporter très gros.

C’était en 2004 : à ce moment-là, nous avons eu l’idée de faire appel à l’Etablissement Public Foncier, tout récemment créé par l’Etat pour aider les communes.  L’Etablissement Public Foncier, en effet, négocie, achète, exproprie si besoin et porte le foncier jusqu’à ce que le projet se réalise.

Ce fut un Partenaire extrêmement efficace. Je remercie Didier Lapacherie et Ursula Pover.

Une étude de capacité du site, pour voir combien de logements pouvaient voir le jour, sans abimer le paysage ni altérer l’environnement fut lancée avec eux.  Elle devait permettre de proposer un prix de terrain aux propriétaires. La Direction Départementale de l’Equipement nous avait incités à réaliser deux hameaux. Mais  il se trouve que sur la zone près de la route, poussaient des espèces végétales protégées.

Les architectes Claire Poutareau puis Heinrich Thielmann   nous ont aidés à mettre au point le principe d’un hameau unique sur la partie la plus rocheuse du site, la plus pauvre en termes de biodiversité, mais aussi la plus discrète, la mieux exposée au Sud et à l’abri du Mistral.

Nous avons  poursuivi les études d’impact pendant la négociation, qui ont mis en évidence la présence de tortues d’Herman.

Compte tenu de ce nouvel enjeu, nous avons sollicité un avis auprès du Conseil National pour la Protection de la Nature. L’avis fut favorable à condition de céder au Conservatoire du Littoral, une surface de 39 ha compensatoires de forêt, définitivement protégés au bénéfice de la tortue d’Herman.

Nous avons fait intervenir une équipe pluridisciplinaire dont le Cabinet Biotop, en particulier Mathieu Gueng et Charlotte Chevitte, paysagiste,  qui avaient pour cahier des charges de chercher dans un rayon de 1 000 mètres autour du village,  un site alternatif.

Car la volonté, comme pour le programme de la Roche des Fées, était toujours de construire de l’habitat autour du centre du village,  de ses services et commerces.

Si nous avions trouvé mieux, il est clair que nous l’aurions pris. Mais aucun terrain ne présentait autant de qualités pour l’intégration d’un hameau à l’environnement.

En Novembre 2009 nous sommes passés devant le Conseil National de Protection de la Nature, à Paris, qui nous a donné un avis favorable.

L’Etablissement Public Foncier a négocié le prix du terrain mais la négociation a échoué car la promesse de vente tenait toujours entre un promoteur et les propriétaires.

Nous avons donc dû déposer un dossier de demande de déclaration d’utilité publique auprès du préfet et,  après enquête, l’opération a été validée par un arrêté préfectoral du 27 octobre 2011.

L’acquisition a eu lieu sur la base du prix offert par la commune et approuvé par les deux propriétaire, à savoir : 3 millions d’euros pour les 19 ha.

Une Zone d’Aménagement Conceertée (ZAC) créée depuis 2007 a permis de financer les aménagements publics à travers le prix de vente du terrain aux opérateurs.

Des subventions obtenues auprès de la Région  (750 000 euros) et du Département  (250 000 euros)  ont permis de maintenir les prix des logements à un niveau acceptable.

En parallèle, en 2012, nous organisions un concours pour sélectionner le promoteur qui construirait et commercialiserait les logements.

Dans le cahier des charges nous avions introduit tous les critères mis au point dans le cadre du Club national des éco-quartiers, créé par le ministère de l’Ecologie en 2009  et dont la commune est membre depuis l’origine.

Le concours a permis de sélectionner la S.A. Immobilière Méditerranée représentée par Jean-Pierre Sautarel, et la Société Coopérative d’Intérêt Collectif, Urban Coop, représentée par Christophe Houdebine, avec l’atelier François Vieillecroze et notamment Daniel Clercq, architectes de l’opération.

Je remercie particulièrement François Vieillecroze pour son travail remarquable, sa connaissance de notre environnement local et sa présence aujourd’hui.

C’est le résultat de ce concours que reflèteront les actes de vente des terrains par la commune aux opérateurs, rédigés par Maître Bernard, notaire, en accord avec sa consœur Maître Michel et son confrère Maître Bériau.

L’opération a pu alors se réaliser et ce malgré les recours multiples de l’association  « Vivre dans la presqu’île de Saint-Tropez ». C’est là le chapitre des complications…

Ce fut d’abord une plainte déposée par l’association,  auprès de la Convention de Berne, devant le Conseil de l’Europe,  à propos de la protection de la tortue d’Hermann.

Après leur visite sur site, ici-même, les inspecteurs de Berne ont été convaincus que l’opération était pertinente. Ils ont confirmé la dérogation déjà approuvée par le Conseil National de Protection de la Nature.

Ce furent ensuite des recours contre la déclaration d’utilité publique, contre le déroulement du chantier, puis contre le permis de construire… :  tous rejetés !

A l’inverse de l’attitude malveillante de cette association, il faut souligner,  qu’après une concertation  approfondie, l’association   «Les  Amis de Ramatuelle » et l’Union Départementale pour la Sauvegarde de la Vie, de la Nature et de l’Environnement 83 (UDVN 83),  ont reconnu toute deux le bienfondé et la qualité du projet.

Par ailleurs, il faut le dire également, la commune est particulièrement en confiance lorsqu’elle est défendue par maître Jean-Claude Sebag, avocat à Aix-en-Provence,  auquel ont été confiés avec succès,  non seulement les aspects contentieux du projet mais aussi la mise au point des négociations avec les associations. Maître Sebbag s’est excusé et nous a fait part de son regret de ne pas être parmi nous ce matin pour,  je le cite : « vivre en direct l’aboutissement de ce beau projet dont la réalisation aura exigé tant d’invention, d’opiniâtreté, de compétence et disons-le, de Foi ! »

 

C’est après tous ces efforts que nous inaugurons aujourd’hui l’Eco hameau des Combes-Jauffret :

40 logements locatifs (sociaux), 33 logements en accession aidée et 30 logements en accession à prix maîtrisé.

Mais pourquoi un Eco hameau ?

Chacun peut constater aujourd’hui qu’il a été pensé avec l’intégration à l’environnement comme préoccupation fondamentale. Les logements eux-mêmes ont été conçus pour être le plus possible en harmonie avec la nature, naturellement confortables en hiver et en été dans des conditions d’utilisation intelligentes. Ce qui les rendra aussi très économique à l’usage.

Le projet a pour cela obtenu la certification « Bâtiment Durable Méditerranéen niveau or » au stade de la conception et cette semaine, la même certification au stade de la réalisation. Une prouesse !

Les normes ayant été durcies, c’est en effet un véritable exploit et c’est une très bonne nouvelle pour la commune ! Je tiens à féliciter Guy Martin, chef de cabinet, qui a suivi ce dossier de bout en bout.

Par-delà l’enveloppe des logements, c’est le quartier dans son ensemble qui a été conçu avec bienveillance :

. Tout autour du hameau, dans le cadre des mesures de compensation de terrains en faveur des tortues d’Herman, 14 ha ont été cédés au Conservatoire du Littoral, pour être définitivement protégés.

. Les espaces publics sont réservés aux piétons pour la tranquillité et la sécurité des habitants et surtout des enfants.

. Une salle de vie est à la disposition de tous

. Les boîtes aux lettres sont regroupées dans un lieu protégé, pour pouvoir s’y rencontrer et y prolonger des discussions.

. Des locaux permettent d’y ranger confortablement les vélos

. Un local abrite une laverie collective, qui permet même de se passer de machine à laver dans le logement et qui pourrait aussi accueillir un atelier de bricolage

. Les futurs jardins partagés seront conçus en étroite liaison avec les habitants qui en seront les premiers utilisateurs,

. Les jeux pour enfants sont eu cœur du hameau.

. Un espace dédié est à la disposition des chiens.

. Une promenade pédestre en forêt permet déjà à tous d’aller jusqu’au village. Certains d’entre vous l’ont déjà emprunté pour venir…

. Comme vous l’aurez constaté, mes chers concitoyens,  il y a dans notre éco-hameau un gardien. J’aurais même envie de dire : « un ange-gardien » ! Il est d’abord et surtout chargé par son employeur,  Immobilière  Méditerranée et l’association des copropriétaires, de garantir un entretien optimal des parties communes des différents immeubles. Christian Travan est particulièrement engagé, sérieux, créatif et conscient de sa responsabilité au service du bien être de toute la communauté du hameau.  Christian, vous avez tout mon soutien pour votre mission au service de l’intérêt général.

Mais, à ce stade de mon discours, je voudrais dire qu’il y a maintenant des acteurs nouveaux et essentiels à la réussite de cette opération et,  ces acteurs ce sont les habitants eux-mêmes.

Je félicite les présidents de co-propriété, des bénévoles qui ont accepté d’être élus pour représenter leurs voisins. Comme à tous les Ramatuellois, Madame et Messieurs les présidents, ma porte  est ouverte pour toute suggestion  ou   remarque…

Déjà les habitants du bâtiment A se sont mobilisés pour participer à la conception des futurs jardins partagés et je m’en réjouis.

L’histoire du hameau, en effet, n’est pas finie, ce sont les habitants qui vont continuer à l’écrire.

Pour sa part, la commune assurera l’entretien de tout ce qui se situe en dehors des bâtiments, y compris l’ascenseur et continuera d’améliorer l’aménagement de ces espaces publics : par exemple, très bientôt les grosses pierres provisoires seront remplacés par des poteaux en bois dont nous attendons la livraison.

Je voudrais maintenant remercier Var Aménagement Développement en la personne de Jérôme Chabert, directeur général et Laurent Escolano, ingénieur chargé de projet, qui ont piloté le terrassement général et l’aménagement des espaces publics.

Monsieur Raymond Cazaubon, en sa qualité de Président du Syndicat Intercommunal de Distribution d’Eau,  pour la prise en charge du raccordement au réseau d’eau potable, compte tenu du caractère social de l’opération.

Je remercie les financeurs : la Région, le Département,

Je remercie également les entreprises qui ont contribué à cette réalisation et j’espère n’en oublier aucune :

Adret, Eco-Med, Arcadi, le Crédit Agricole, le Cabinet Merlin, Intervia Etudes, Qualiconsult Sécurité, Socotec, Euvoria Méditerranée, Garnier Pisan, ERDF, France Telecom, CG83/Drtpf, Véolia, BTM,  ALP, TEB, Accedea, Quadra…

Et bien sûr les dirigeants d’Immobilière Méditerranée, Jean-Pierre Sautarel et d’Urban Coop, Christophe Houdebine, auxquels je vais bientôt passer la parole,

Je tiens à remercier à nouveau, mon chef de cabinet, Guy Martin, qui a porté ce projet avec conviction, épaulé par Jean-Philippe Vaudrey notre juriste.

Pour finir, je tiens à remercier toutes celles et tous ceux qui ont contribué à l’organisation de cette réception, et en particulier les services techniques municipaux et les personnels de mon cabinet.

Pour les Combes-Jauffret, Longo Maï !

Vive Ramatuelle !

Reportage photo